La toute petite voiture ( TPV ) voit le jour au salon de Paris 1948 sous forme d’un prototype sans moteur. Sa production en série débutera un an plus en juillet 1949 pour ne se terminer que 51 ans plus tard, le 27 juillet 1990.
L’idée de cette voiture compacte destinée initialement aux classes sociales rurales au revenu modeste,date de l’immédiate avant guerre : le cahier des charges était des plus simpliste et les deux derniers critères demeureront dans les mémoires : elle devra être conduite facilement par un débutant et pouvoir traverser un champ sans caser les œufs mis dans un panier…
Mais la seconde guerre mondiale arrivant, les premiers prototype sont détruits, à part 3 qui sont cachés hors de l’usine du quai de Javel. La conception avance discrètement pendant le conflit puis s’accélère jusqu’au début de la production en 1949. Cependant, les stocks d’acier étant très faibles et réservées en priorité à la « Régie » Renault, les délais d’attente lorsqu’on commande sa 2cv peut varier de 3 à 5 ans ! Les médecins et les ecclésiastiques sont cependant prioritaires, de même que les clients Citroën commandant simultanément une Traction…
Dans les années 50, le rythme de production s’accélère enfin, et la 2 CV va devenir la voiture qui va s’installer dans presque chaque foyer Français, dépassant totalement les frontières rurales imaginées au départ par ses concepteurs. Elle quitte peu à peu son premier surnom de « vilain petit canard » pour devenir plus affectueusement « quatre roues sous un parapluie ». Après avoir été la première voiture du foyer dans les années 50 , elle devient la voiture de madame, puis le modèle avec laquelle les « boomers » font leurs premières armes de conducteurs dans les années 60/70.
Les « babas cool » l’adopteront volontiers durant les années « peace and love », puis, atteignant le statut d’icone incontestée de la production automobile Française, elle sera déclinée en plusieurs séries spéciales dès la fin des seventies, la plus connue demeurant la Charleston…
Ainsi, en dépit de ses 5,1 millions d’exemplaires fabriqués, la «deuche » a été mise à toutes les sauces durant ce demi-siècle de production, souvent maltraitées, négligées, les belles survivantes dans un parfait état d’origine sont finalement plutôt difficiles à dénicher.
Nous en avons pourtant trouvé une que nous sommes fiers de vous proposer : il s’agit d’une version « CLUB » ( le haut de gamme ! ) livrée neuve à Trélissac le 16 mars 1983 par le garage Deluc . Sa propriétaire la conservera méticuleusement dans des conditions de stockage idéales pendant 31 ans pour la céder, ne pouvant plus conduire, à un collectionneur local qui la gardera jusqu’à aujourd’hui avec le même soin.
La voiture est dans un tel état, totalement exempt de corrosion, qu’elle semble sortir de chez l’agent Citroën en 1983. Nous possédons tous les documents d’origine (carnets de bord, notice d’utilisation, barré rouge, Citroën anti stop, annuaire réseau) datant de la livraison originelle et parfaitement conservés ;
Nous disposons également de la quasi-totalité des contrôles techniques du véhicule.
Lors du changement de main en 2014, le nouveau propriétaire fit faire un voile de peinture conforme à la sortie d’usine beige collorado, mis une capote neuve ainsi qu’une remise à niveau mécanique complète. Nous possédons toutes les factures de ces travaux. Le seul équipement qui fut rajouté est un kit « anti brouillard et feu de recul », très bien intégré, pratique et sécurisant.
C’est une belle et émouvante opportunité d’acquérir cette Citroën, dotée d’un historique limpide, d’un entretien méticuleux. C’est un vrai morceau du patrimoine industriel Français à qui nous espérons trouver un nouveau propriétaire, aussi amoureux que les deux précédents.
